Cultiver art, yaourts et des nipponeries dans un même blog ? Ceci est ma spécialité !

Latest Photos

02/10/2012

[Dessin + Analyse] Reprise d'oeuvre : "La Naissance de Vénus" de Sandro Botticelli dans un style "Pop Art" façon Roy Lichtenstein




1. Présentation du tableau "La Naissance de Vénus" de Sandro Botticelli.



       "La Naissance de Vénus" de Sandro Botticelli est un tableau mesurant 2,79 x 1,72 mètres. Peint à l’huile vers 1485, il est conservé dans la Galerie des Offices à Florence.

       Cette œuvre représente Vénus sortant des eaux debout dans la conque d'une coquille Saint-Jacques géante. Le modèle de la Vénus était Simonetta Vespucci, une femme considérée comme la plus belle de son époque. Comme le veut la mythologie, Venus naît en effet de la mer. Elle est prise en main par un groupe de deux divinités des vents, aux corps entrelacés: Zéphyr et sa femme Chloris, présents à sa gauche. À droite, elle est reçue par un personnage féminin, l'une des filles de Zeus et de Thémis.  Malgré le vent,  cette dernière tente de couvrir Vénus d'un voile pourpre, pour cacher la nudité de Vénus déjà bien dissimulée par la déesse elle-même. La naissance de Vénus est ainsi le symbole de la transmission de la beauté de l'ordre divin au monde des mortels. Entourée par un paysage de côtes, elle accoste sur un rivage très découpé et marqué par un bois formé de grands arbres stylisés, serrés les uns contre les autres.
      
       L'inspiration antique de cette époque ne se limite pas au choix du thème mais s'étend à la représentation des dieux que l'on veut peindre selon leurs traits originaux, en restituant leur grâce et leur gloire. Vénus représente la perfection de la beauté et appelle le spectateur à la regarder comme telle, beauté du corps, beauté de ce qu'elle représente. 

       Pour la réalisation de son œuvre, Botticelli s’est servi de la technique de détrempe couramment employée à son époque, il mélangeait les pigments dans un minimum de corps gras, rendant la toile la toile aujourd'hui encore ferme et élastique, la peinture est à peine craquelée. 


2. Présentation de l’œuvre de Roy Lichtenstein (27 octobre 1923 - 29 septembre 1997)


De droite à gauche : "Drowning Girl" 1963, "Girl With Tear" (1977), "The Red Horse Man" (1975), "Barcelona Head" (1972). 


       Roy Lichtenstein est l’un des artistes les plus importants du mouvement pop art américain. Ses œuvres, souvent présentées sur de très grands formats, mêlent sa peinture aux comics, la bande dessinée et la publicité. Il est en effet fasciné par l'efficacité de ces représentations populaires où les objets et les passions sont réduits à un essentiel accessible à tous. Il dénonce ainsi la banalité des images projetées par les médias et se moque d’une Amérique qui préfère se référer à des héros fictifs ou personnalités médiatiques plutôt qu’à des personnages mythologiques. Il utilise crashs, tirs, larmes d'amour perdu ou autres effusions d'émotions pour leur donner, avec insolence et humour, le titre de "grande peinture". Plus tard, Lichtenstein n’hésitera pas également à revisiter l'histoire de l'art.


3. Description de mon projet


 
    


       Notre sujet était de transformer une œuvre classique à la manière d’un artiste contemporain. Cette démarche m’a rappelée celle du mouvement Pop Art et c’est pour cette raison que j’ai choisi de travailler sur l’un des plus grands artiste de ce mouvement : Roy Lichtenstein. Tout en utilisant le langage visuel de Lichtenstein, il a fallu que je me réapproprie l’œuvre d’un grand artiste du passé en remettant en cause la peinture. C’est ainsi que j’ai pu moi aussi aller à la rencontre de deux siècles, deux personnalités, deux styles, et deux conceptions de l’art différentes.

       Dans mon exécution, j’ai repris les éléments importants qui marquent le style de Lichtenstein, ce qui donne un rendu finalement très proche de celui des comics. Ceci banalise et généralise les émotions, les actions, les personnes et les objets. 

       J’ai choisi de travailler sur le tableau "La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli", puisqu’à l’époque où celui-ci a été réalisé, Vénus était considérée comme un symbole de l’héroïsme en partie dû à sa beauté. Ceci rejoint donc parfaitement le travail sur les "modèles de la société" et la représentation des symboles américains dont se sert Lichtenstein dans ses œuvres : il représente de façon ironique des héroïnes blondes au maquillage excessif et des héros idéalistes.

       Pour réaliser ce projet, j’ai utilisé de l’acrylique tout comme Lichtenstein. Cette peinture présente les avantages de sécher vite et de ne pas jaunir avec le temps. De plus, lorsqu'on la nettoie, elle ne laisse aucune trace sur le fond ce qui permet des corrections aisées. Afin d’effectuer sa trame, Lichtenstein utilisait cependant la peinture à l'huile. L’artiste avait mis au point une grille métallique perforée qui comportait des trous à intervalles réguliers à travers lesquels la peinture était appliquée à l’aide d’une brosse à dent . Puisque je ne possède pas cette grille pour réaliser les points de trame, j’ai utilisé du feutre pour gagner en précision.
 
       Ici, les trames sous forme de points rouges représentent le motif de la peau, tandis que pour l’eau, je me suis inspirée de son œuvre "Figures in Landscape" où il représente ces traits obliques de façon identique pour présenter un milieu aquatique. Ces trames sont censées représenter le procédé d’impression utilisé pour les impressions commerciales, très populaire dans la production des bandes dessinées des années 1950 et 1960.

       J’ai également utilisé des aplats très colorés pour remplacer la matière (voile, cheveux, lèvres) afin de provoquer un choc visuel avec la force des pointillés. Les autres couleurs, en particulier pour le fond et paysage, ont été réalisées sous forme d’aplats moins criards afin de ne pas déranger la scène.

       Le modèle de la bande dessinée est intensifié par l’emploi de bulles avec du texte. Le personnage de Zéphyr, se nomme donc à présent Brad, un personnage revenant de façon récurrente dans son l'œuvre de Lichtenstein. On remarque aussi l'épaisseur des traits, qui permet de cerner la forme dans sa totalité.

       Enfin, les formes sont simplifiées, j’ai supprimé les détails pouvant détourner l'attention du spectateur en ne laissant apparaitre qu'une image dépourvue de son contenu. Les objets sont eux-mêmes soumis à cette épuration on dirait presque des pictogrammes. Je cite Roy Lichtenstein à ce sujet : "Je suis intéressé par le fait que les visages en bande dessinée soient si irréalistes et pourtant nous les considérons comme réalistes. Si vous parcourez le magazine, la fille est jolie sur l’image. Mais quand vous regardez attentivement ce qui la constitue, des traits noirs et des lèvres rouges, il n’y a rien de réaliste dans celle-ci. Cela m’intéressait de montrer de quelle manière une jolie fille dans un comics, ou un héros, peu importe, était façonné par une sorte d’idéalisme conforme à ce que les gens devrait ressembler, le tout soumis aux contraintes et économies du processus d’impression." 

       A travers le travail de Lichtenstein, le but final de mon projet a permis de redonner vie à l'œuvre de Botticelli, conforter le lien avec le passé, en lui offrant un renouvellement stylistique afin de porter un regard neuf sur cette œuvre culte. Le Pop Art ne se contente pas de s’intéresser aux images publicitaires américaines, aux grandes œuvres ou aux bandes dessinées, il se réapproprie la peinture en tant qu’objet ordinaire.


Décembre 2011.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire