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08/12/2012

[Art Numérique] Investigation personnelle


       Le 17 octobre dernier, j’ai assisté à une conférence de Danièle Méaux intitulée "Arno Rafael Minkkinen : la part animale de l'être" organisée dans le cadre d’une journée d'étude "Animal/Humain".

       Bien que je ne me sois jamais réellement intéressé à la photographie, je dois dire que l’œuvre de Arno Rafael Minkkinen ne m’a en aucun cas laissée indifférente. Ce photographe américain d’origine finlandaise réalise ses autoportraits en noir et blanc, tout en intégrant des parties de son corps pour le ramener à son état premier, celui de nature. Entre réalité et fiction, plaisir et humour, il réinvente l’autoportrait avec originalité.
       L’élément qui m’a profondément marquée dans ses clichés est sans aucun doute cette euphorie qui le pousse à défier le danger afin d’amener son corps à prendre des poses inattendues, bien souvent, au-delà des limites physiques et anatomiques. Travaillant seul et n’hésitant pas à s'enterrer sous la neige, s'agripper à un escalier ou encore à se pencher au-dessus du vide, il tente de nous montrer les acrobaties de ses photographies en manipulant nos yeux, c’est d’ailleurs ce qu’il dit en plaisantant : "J'ai même appris à marcher sur l'eau". On pourrait penser que certaines images sont truquées, pourtant aucune n’est manipulée ni à la prise de vue ni au tirage.

Arno Rafael Minkkinen, "Grand Canyon" (1995)

       La photo "Grand Canyon" m’a beaucoup fait penser au "Saut dans le vide" de Yves Klein, mais également à diverses photographies de l’artiste chinois Li Wei qui se met en scène dans des situations impossibles.

      Yves Klein, "Saut dans le vide" (1960)        
Li Wai, "25 étages pour la liberté", Pékin (2004)
       En étant son propre modèle, il lui est totalement impossible de maitriser la lumière, la pose, le cadrage. Et lorsqu’il déclenche la prise, il est ainsi incapable de prédire la réussite ou non de ses efforts jusqu’à ce que la photo soit développée.

       Lorsque j’observe son corps dans ses photographies, cela me donne l'impression d'être face à des photos de sculptures semi-organiques, mais également d'objet volant dont on n'aurait pu cadrer qu'un morceau. Bien que les lieux dans lequel il expose changent fréquemment, Minkkinen reste lui toujours, une partie intégrante de ces paysages. Il connecte ainsi le corps et la nature de façon surréaliste. Les endroits où il expose lui permettent de faire l’image, cette image est en effet guidée par la réalité du lieu et la réalité dans laquelle il se trouve. Son corps qui s’intègre parfaitement au paysage rend ses œuvres particulièrement touchantes. Son travail me fait beaucoup penser à du camouflage, de l’homochromie. Je n’ai d'ailleurs pu m’empêcher de faire un rapprochement avec le travail de l’artiste chinois Liu Bolin qui s’intéresse à la question du corps dans l’environnement social à travers des camouflages.


Liu Bolin
       En parcourant ses travaux, on se rend compte qu’il est impossible de pouvoir dater son travail puisque ses images qui datent de 1973, comme celles faites en 2003, ne possèdent pas grand de changement, ceci créer une uniformité. Dans toute son œuvre, il se concentre finalement sur un seul et même type de recherche photographique. Celui-ci est devenu le but final de son entreprise, ce qui nous laisse penser qu’il cherchera à faire vivre son projet en produisant de nouvelles images jusqu’à son dernier souffle.

       Les photographies de cet artiste nous prouvent qu’il n’y a rien de plus naturel que l’union d’un corps humain avec la nature. Son œuvre amène à la fascination, le questionnement, mais aussi parfois au malaise. Il nous relie à ce que nous sommes: rattachés à la vie, au sacré, à l’intemporel, à l’évolution et au divin. Cet artiste qui a auparavant travaillé dans la publicité connait très bien les enjeux de la communication. Et venant moi aussi d’une filière spécialisée en communication visuelle, je ressens comme une forme de communication dans chacune de ses images. Au final, ses photos qui forment son œuvre se ressemblent toutes un peu… comme une campagne de publicité dont on ne voit jamais la fin...

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