[Installation] La conversion

Travail d'installation sur la conversion - Novembre 2011

[Production Graphique] Fiction/réalité

Travail graphique sur le thème de l’hybridation - Avril 2012

[Dessin + Analyse] Reprise d'oeuvre

Reprise d'oeuvre : "La Naissance de Vénus" de Sandro Botticelli dans un style "Pop Art" façon Roy Lichtenstein - Décembre 2011

[Production Graphique et Arts Appliqués] Plaquette

Réalisation de la plaquette du Lycée Joseph Haubtmann - Avril 2011

[Écriture] Yaourt à la mûre (façon Proust)

Travail d'écriture sur le souvenir - Mars 2011

Cultiver art, yaourts et des nipponeries dans un même blog ? Ceci est ma spécialité !

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09/12/2012

[Art Numérique] Re-présentation(s) urbaine

We meet at the market place








Depuis toujours, le marché joue un rôle d’échanges de marchandises, mais aussi d'idées. Au fil des siècles, la multiplicité de ces lieux conviviaux a permis la structuration des territoires et l’animation de la vie sociale. En peinture, ces échanges sont le plus souvent représentés par des scènes de groupe, où il n’est pas rare d’apercevoir différents personnages discuter entre eux. Cette idée s’illustre parfaitement dans l’œuvre la plus célèbre de Carl Leopold Müller, Le marché du Caire (1878); mais aussi dans le tableau de Philip Worth, La place du marché de Limoges; La place du marché de Camille Pissarro (1882) ou encore Place du marché de Bergen de Abel Grimmer (1570).

Durant tout le Moyen-âge et jusqu’au XVIIIème siècle, le marché est un dispositif public bien distinct, visible et clairement délimité. Au début de la modernité, cette réalité concrète, perceptible et policée du marché traditionnel s’atténue progressivement avec le développement du commerce international et des grandes compagnies. A présent, le terme de marché s’utilise également pour évoquer ces échanges virtuels économiques et sociaux.

       L’incitation du projet intitulé "re-présentation(s) urbaine(s)" tend à nous questionner de manière individuelle sur la reproduction d’un fragment de la ville de Saint-Etienne à l’aide de la technique de notre choix. Une fois la totalité de nos visions citadines singulières assemblées, cet ensemble interroge les problématiques de la cartographie urbaine et rend compte de son morcellement, sa fragmentation. L’unification des projets du groupe-classe crée alors une vision nouvelle de la ville. De nombreux artistes ont travaillé sur cette thématique, comme notamment Ghislaine Escande ; Laura Barrón et son œuvre Islario (2001) ; Philippe Favier, Vous n'êtes pas d'ici (2006) ; Cult of Marms avec son oeuvre interactive nommée The Olfactory Factory (2003) ; Giles Rollestone, Urban Feedback CD-ROM Trailer (1995-1996) ou encore  A20 Recall de Teran Michelle.

Mon travail plastique interroge la représentation de la Place Albert Thomas, populaire et animée 3 fois par semaine par un marché de producteurs. Mon choix s’est porté sur cette place car elle est pour moi un lieu singulier avec lequel j’entretiens des relations spécifiques de l’ordre de l’émotionnel, du rituel, du sensible et du mémoriel. Ceci s’explique par le fait que je sois fréquemment menée à observer cet endroit lorsque je prends le tram pour me rendre à la fac, mais également car ce lieu possède une résonance encore davantage particulière depuis septembre dernier. En effet, après avoir assisté à une conférence sur les marchés stéphanois, de nombreux souvenirs de mon enfance liés au marché ont pu être réactivés : mon école primaire était située juste en face d’un parking sur lequel se déroulait le marché de ma commune, deux fois par semaine. Durant les récréations, j’avais pour habitude d’observer les personnes qui apparaissaient de manière récurrente sur cette place afin de consommer, mais aussi discuter. A cette époque, leurs visages m’étaient familiers, mais à présent, ils ne plus qu’un simple moyen d’éveiller ma mémoire ou constater aussi certains oublis.

La raison qui m’a poussée à m’intéresser à la place Albert Thomas est l’ambiance similaire à celle de mes souvenirs d’enfance dégagée par ce lieu lors de mon exploration. Son atmosphère qui change littéralement selon son usage est quelque chose qui me trouble encore aujourd’hui : utilisé soit pour le stationnement des voitures, soit pour y déployer des stands les jours de marché , la place se réactualise sans cesse, subissant des transformations par les mouvements, les directions et les temporalités qui la structure, elle nous donne l’impression de pouvoir être re-découverte indéfiniment. Pour exprimer ma représentation personnelle de ce lieu où des changements interviennent fréquemment, je me suis tournée vers l’utilisation du médium vidéo.

Dans une première partie, le caractère calme du parking est mis en avant. Visuellement, il se caractérise par un motif où sont disposées des voitures immobiles (pour rappeler le parking) qui disparaissent de manière rythmée avec les chants des oiseaux. On assiste ici à l’éveil d’un espace où les seuls bruits perceptibles sont ceux qui entourent ce lieu sans animation : le déplacement du tram et les oiseaux.

        Durant la conférence sur les marchés à laquelle j’ai assisté,  un chiffre important m’a fortement interpelé : j’ai noté qu’environ 20% des personnes qui se rendent sur ce lieu quotidiennement ne consomment pas et viennent essentiellement pour entretenir des liens sociaux. La seconde partie de ma réalisation numérique cherche donc à représenter l’activité dynamique et l’impact social de cet espace collectif. Je me suis rendue sur place afin de réunir différents témoignages des clients et des marchands, tout comme l’œuvre Urban Echo de Christopher Baker (2008) ou encore Audio-Day de Trommer, Michael Wedemeyer et Von Arnold (1999). Ces déclarations restituées sous la forme d’un film documentaire typographique permettent la reconstitution d’une image globale du marché : un lieu de commerce, de rassemblement et de contacts humains. Les textes défilent et s’accumulent, nous montrant ainsi les mouvements et les dialogues qui animent cet espace. Ces défilements narratifs, où les lettres apparaissent peu à peu à l’écran, peuvent nous faire penser au clip de la chanson Jed’s Other Poem (Beautiful Ground), du groupe américain Grandaddy (2009). L’évolution constante de ce lieu est d’abord symbolisée par ces éléments typographiques représentés sous forme de flux, mais aussi par le fait que les textes semblent continuer à l’extérieur de l’écran. Ces écrits infinis veulent nous montrer l’espace ouvert aux changements qui caractérise la place et dont sa seule limite est celle de la dimension de l’écran qui ne peut nous montrer la totalité de ces flux. Les lettres qui apparaissent le temps de quelques secondes viennent parasiter ces dialogues. Tout ceci est renforcé par les bruits répétitifs et infernaux des caisses enregistreuses qui authentifient parfaitement le quotidien de ce marché. Enfin, ces récits singuliers révèlent également la multitude de perceptions ressenties sur un même lieu par ces habitants.

Cette vidéo nous présente une vision globale de la place Albert Thomas, mais elle projette également diverses ambiances, des récits singuliers et dissemblables qui nous permettent d’identifier et ressentir cet espace. Au cours du visionnage de la vidéo, nous avons donc toute liberté possible quant à la représentation imagée des mouvements, des histoires et des perceptions retranscrites dans ce documentaire. 

            Pour conclure, je tiens à remercier tout particulièrement Vincent Bodic pour son aide précieuse !


08/12/2012

[Art Numérique] Investigation personnelle


       Le 17 octobre dernier, j’ai assisté à une conférence de Danièle Méaux intitulée "Arno Rafael Minkkinen : la part animale de l'être" organisée dans le cadre d’une journée d'étude "Animal/Humain".

       Bien que je ne me sois jamais réellement intéressé à la photographie, je dois dire que l’œuvre de Arno Rafael Minkkinen ne m’a en aucun cas laissée indifférente. Ce photographe américain d’origine finlandaise réalise ses autoportraits en noir et blanc, tout en intégrant des parties de son corps pour le ramener à son état premier, celui de nature. Entre réalité et fiction, plaisir et humour, il réinvente l’autoportrait avec originalité.
       L’élément qui m’a profondément marquée dans ses clichés est sans aucun doute cette euphorie qui le pousse à défier le danger afin d’amener son corps à prendre des poses inattendues, bien souvent, au-delà des limites physiques et anatomiques. Travaillant seul et n’hésitant pas à s'enterrer sous la neige, s'agripper à un escalier ou encore à se pencher au-dessus du vide, il tente de nous montrer les acrobaties de ses photographies en manipulant nos yeux, c’est d’ailleurs ce qu’il dit en plaisantant : "J'ai même appris à marcher sur l'eau". On pourrait penser que certaines images sont truquées, pourtant aucune n’est manipulée ni à la prise de vue ni au tirage.

Arno Rafael Minkkinen, "Grand Canyon" (1995)

       La photo "Grand Canyon" m’a beaucoup fait penser au "Saut dans le vide" de Yves Klein, mais également à diverses photographies de l’artiste chinois Li Wei qui se met en scène dans des situations impossibles.

      Yves Klein, "Saut dans le vide" (1960)        
Li Wai, "25 étages pour la liberté", Pékin (2004)
       En étant son propre modèle, il lui est totalement impossible de maitriser la lumière, la pose, le cadrage. Et lorsqu’il déclenche la prise, il est ainsi incapable de prédire la réussite ou non de ses efforts jusqu’à ce que la photo soit développée.

       Lorsque j’observe son corps dans ses photographies, cela me donne l'impression d'être face à des photos de sculptures semi-organiques, mais également d'objet volant dont on n'aurait pu cadrer qu'un morceau. Bien que les lieux dans lequel il expose changent fréquemment, Minkkinen reste lui toujours, une partie intégrante de ces paysages. Il connecte ainsi le corps et la nature de façon surréaliste. Les endroits où il expose lui permettent de faire l’image, cette image est en effet guidée par la réalité du lieu et la réalité dans laquelle il se trouve. Son corps qui s’intègre parfaitement au paysage rend ses œuvres particulièrement touchantes. Son travail me fait beaucoup penser à du camouflage, de l’homochromie. Je n’ai d'ailleurs pu m’empêcher de faire un rapprochement avec le travail de l’artiste chinois Liu Bolin qui s’intéresse à la question du corps dans l’environnement social à travers des camouflages.


Liu Bolin
       En parcourant ses travaux, on se rend compte qu’il est impossible de pouvoir dater son travail puisque ses images qui datent de 1973, comme celles faites en 2003, ne possèdent pas grand de changement, ceci créer une uniformité. Dans toute son œuvre, il se concentre finalement sur un seul et même type de recherche photographique. Celui-ci est devenu le but final de son entreprise, ce qui nous laisse penser qu’il cherchera à faire vivre son projet en produisant de nouvelles images jusqu’à son dernier souffle.

       Les photographies de cet artiste nous prouvent qu’il n’y a rien de plus naturel que l’union d’un corps humain avec la nature. Son œuvre amène à la fascination, le questionnement, mais aussi parfois au malaise. Il nous relie à ce que nous sommes: rattachés à la vie, au sacré, à l’intemporel, à l’évolution et au divin. Cet artiste qui a auparavant travaillé dans la publicité connait très bien les enjeux de la communication. Et venant moi aussi d’une filière spécialisée en communication visuelle, je ressens comme une forme de communication dans chacune de ses images. Au final, ses photos qui forment son œuvre se ressemblent toutes un peu… comme une campagne de publicité dont on ne voit jamais la fin...

07/12/2012

[Musique] 클래지콰이(CLAZZIQUAI PROJECT) - 함께라면 feat. 김진표 (Can't go on my own)



Mercredi dernier, j'ai eu  la chance de pouvoir me rendre au Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne afin de découvrir l'exposition Fiat flux : la nébuleuse Fluxus, 1962-1978 !

Quelques heures plus tard a été mis en ligne sur Youtube le nouveau clip du groupe sud coréen Clazziquai Project. J'apprécie énormément leur musique depuis de nombreuses années déjà et je dois dire que divers éléments dans ce clip m'ont justement fait repenser à ma visite au musée ! Un montage vidéo nous montrant un bric-à-brac d'objets et couleurs rétro, des têtes coupées, les vieux téléviseurs de Nam June Paik, les têtes d'animaux empaillés de Wolf Vostell, une typographie dans le style vieille machine à écrire, des références aux collages et cadres photos des artistes du mouvement Fluxus... suis-je seule à le penser ? ;)

 Je vous laisse découvrir ce petit partage musical :

 



Présentation brève du groupe :

Clazziquai Project est un trio coréen appartenant au label Fluxus Music. Ce groupe mélange jazz, groove, lounge et musique électronique. La formation a débuté au Canada (c'est pour cette raison que leurs textes sont souvent en anglais) et se compose de DJ Clazzi (Kim Sunghoon), Alex Chun et Horan (Choi Sujin).

03/12/2012

[Dessin] L'image rétrospective

Voici quelques recherches effectuées sur l'incitation suivante : "L'image rétrospective" !




 

























Références :

Rodolphe Cosimi
Dan Mountford
Silvia Pelissero
Andrew Freitas
Chrissy Angliker
Christopher Relander

28/11/2012

[Exposé] Christopher Baker, "Murmur Study" (2009)





Murmur Study
2009
Christopher Baker 

Introduction  

       Depuis sa création, l’usage d’internet a considérablement évolué : occupant d’abord une fonction exclusivement militaire, elle s’est par la suite convertie en fonction scientifique et récréative. Modifiant totalement notre façon de voir le monde, le temps et l'espace, elle nous permet à présent de communiquer avec une ou plusieurs personnes, quelque soit l’heure ou le lieu.

       Les bouleversements des moyens de communication n'ont jamais laissé de marbre les contemporains et, à plus forte raison, les intellectuels. Ainsi, en 1932, Bertholt Brecht souligne dans son essai "La Radio comme un appareil de communication" une idée selon laquelle les télécommunications peuvent devenir un médium artistique. 

       Bien plus tard, en 1993, Paul Virilio (urbaniste et essayiste français) parlera quant à lui de l’arrivée du virtuel comme l’apparition d’une nouvelle ère : l’ère de la logique paradoxale. Je cite :

       "Ce nouveau type d'images donne la priorité à la vitesse sur la race humaine, au virtuel sur le réel, et transforme notre notion de la réalité en quelque chose de donné à la construction." (Citation de Virilio reprise par Eduardo Kac "Telepresence Art" (1993), dans Art and Electronic Media, p.236)

       Pour Paul Virilio, la vitesse du langage des images dénature les facultés d’analyse et les rapports humains. Cette vitesse technologique désormais supérieure au temps humain mène tout droit à une autodestruction politique, sociale et peut-être physique de l’homme.

       Mediums artistiques pour les uns, sources de craintes et d'inquiétudes pour les autres,  les moyens de communication virtuels sont traversés par ce paradoxe continu. Cette tension a particulièrement intéressé Christopher Baker, notamment à travers son installation "Murmur Study" que je vais à présent vous présenter. 

1 ) Présentation de l’artiste et de l’œuvre


 

       Ma problématique est donc la suivante : Comment l'artiste s'empare du thème de la communication virtuelle ? De quelle façon l'œuvre de Christopher Baker interpelle le spectateur ?

       Murmur Study (ou l’étude des murmures) est une œuvre conceptuelle de l’artiste Christopher Baker  qui a travaillé en collaboration avec Márton András Juhász et Budapest Kitchen. L’installation a été présentée pour la première fois au Festival Spark 2009 et elle a par la suite reçu plusieurs distinctions internationales dans des festivals, galeries et musées.

       En plus d’être artiste au Kitchen Budapest (un laboratoire d’expérimentation des arts médiatiques situé en Hongrie) il faut également noter que Christopher Baker a auparavant travaillé dans le domaine scientifique et plus précisément dans le développement des interfaces cerveau-ordinateur à l’Université du Minnesota. 

       Ses connaissances  scientifiques lui ont permis d’exploiter le langage de programmation Java afin de  mettre au point un logiciel de contrôle permettant de faire fonctionner plusieurs imprimantes à l’aide d’un seul ordinateur, mais aussi de les connecter directement à Internet. L’installation se compose de 30 imprimantes thermiques Epson TM-T20 qui sont reliées chacune à des concentrateurs USB 2.0 branchés en série. A l’aide du logiciel Murmur Study qui surveille en temps réel les mises-à-jour des internautes contenues sur les messageries de micro-blogging, les résultats des mots-clés auparavant définis par l’artiste sont imprimés de manière quasi continuelle sur du papier thermique, créant ainsi un projet d’art in progress. 

      Murmur Study ressemble à une version sophistiquée de l'installation News, crée en 1969 par Hans Haacke


       Elle se composait d’un téléscripteur qui recevait et imprimait les nouvelles locales, nationales et internationales en temps réel. Il s’agissait d’un moyen de critiquer le côté éphémère des "dernières nouvelles" et l’impact dû au défilement incessant de l’actualité et donc de démocratiser la consommation et le partage de médias. 

2) Les données numériques : Une persistance insignifiante 

       Avec cette installation, Christopher Baker interroge une certaine futilité de l'époque en sélectionnant des messages émotionnels, le plus souvent sous forme d’onomatopées qui se succèdent. Il faut dire qu’avec l’avènement des réseaux sociaux, le problème des blogs et leurs "pages" qui ne sont plus alimentées au bout de 10 jours fautes d’événements personnels est en partie résolu. En tenant compte d’une limitation de 140 caractères, Twitter nous propose de parler de soi à travers des mots. Plus simple à alimenter quotidiennement et enclin à accueillir de la micro-information, il n’est pourtant pas rare que l’on se demande ce que l’on peut dire si l’on a rien à dire. C’est ainsi que des millions de personnes postent des messages insignifiants qui sont diffusés seconde par seconde sur la toile. Aussi bien pour sa commodité que par son contenu futile, Twitter est devenu un symbole de simplicité qui illustre parfaitement le flux d’informations et d’émotions continues impossibles à suivre. Néanmoins, chacun prend  plaisir à les lire... 

       Le contraste ironique qui existe entre le vide de signification de ces messages et leur rémanence est parfaitement représentée dans cette installation : ces pensées simplistes sont réinscrites dans l’espace physique, s’accumulent sur le sol et sombrent finalement dans l’oubli.  Il s’agit d’une manière pour l’artiste de nous rappeler qu’à l’inverse des conversations en dehors d'Internet, ces pensées insignifiantes sont accumulées, archivées et indexées numériquement par des sociétés. Mais il nous invite également à réfléchir sur notre façon de "penser fugitivement et émotionnellement" sur Internet.

       Comme artiste travaillant sur le thème de la communication virtuelle, je vous propose Markus Kison et son œuvre Pulse datant de 2008. 


       Il s’agit d’un "cœur" qui bat au mouvement des billets publiés sur la plateforme blogger. Il nous permet de visualiser en temps réel les humeurs des rédacteurs. Celles-ci sont analysées et comparées à une liste de synonymes d’émotions, puis ces données sont retranscrites physiquement par la métamorphose de ce cœur. 

Breaking, une performance d’Eli Commins :


       Toute la matière textuelle de la performance raconte un événement de l’actualité et provient de témoignages réels postés par des usagers de Twitter. Les spectateurs sont confrontés aux voix de ces témoins ou acteurs d’un événement. Breaking permet de donner forme à un récit commun qui se tisse à partir d’une multiplicité de points de vue et nous place dans une position nouvelle face aux informations que nous recevons à travers le monde grâce à Internet.

       Pour en revenir à Murmur study, il faut savoir que l'impression fonctionne à une vitesse limitée pour économiser du papier.  A la fin de chaque démonstration, les piles de papier qui en résultent sont recyclés ou réutilisés lors de futures expositions. 

3) La présence physique : une interrogation réel/virtuel

       Le travail de Christopher Baker est souvent spécifique au site : l'architecture et le lieu sont en effet des considérations importantes dans ses œuvres. Pour cet artiste, l’art qui s’engage dans le monde numérique tend, en général, vers des expériences immatérielles pour le spectateur, c’est pour cette raison qu’il considère la présence physique de cette sculpture monumentale comme l’élément qui fait la force de son installation. Voici une citation de l’artiste à ce sujet… 

       "Malgré une familiarité croissante des outils numériques, les objets physiques permettent encore de trouver écho avec le corps du spectateur d'une manière sensuelle, ce qui n’est généralement pas le cas avec des expériences lumineuses et virtuelles. Pour moi, le physique créé un pont important entre mes idées et le spectateur. Cela requiert beaucoup plus de travail pour finalement obtenir le même résultat, mais ces liens tissés sont ainsi purement numériques ou virtuels." 

       Trouver des interactions entre l'architecture, l'espace, le lieu et les données numériques est pour lui un moyen de produire un mélange riche. Je poursuis : 

       "Twitter signale qu'il y a, en moyenne, 200 millions de tweets par jour […]toutes les données numériques ont une base physique. Les données numériques ont besoin d'énergie, d'espace et de ressources.." 

       J’ai sélectionné cette citation que je trouvais intéressante car l’artiste nous parle de ces fragments de chiffres importants qui lui permettent d’en faire l’expérience sur le plan physique, cela l’aide à transformer notre réalité numérique en une démarche plus réfléchie.

       Mumur study nous oblige à prendre conscience qu’une partie de notre identité publique affichée sur ​​une base quotidienne par l'intermédiaire des réseaux sociaux pose des problèmes de confidentialité des données liée au respect de la vie privée. 

       Nous en venons donc à nous demander pourquoi les gens tiennent tant à partager leur vie privée sur le web.  [diap] Dès 1984, Roy Ascott (artiste et théoricien anglais) s’interroge sur ce phénomène et nous raconte, je cite : 

       "Se connecter au réseau, partager des échanges d’idées, propositions, visions et des potins est quelque chose d’exaltant, en fait, ceci devient totalement irrésistible et addictif" (Roy Ascott, Telematic Embrace: Visionary Theories of Art, Technology, and Consciousness, 1984, p. 231) 

       Je vous propose également deux œuvres qui traitent du sujet de la diffusion publique de l’identité sur Internet. Tout d’abord Listening Post par Mark Hansen et Ben Rubin (2002) :


       Les artistes récupèrent des fragments de texte à partir des sites de chat et forums publics. Puis ces textes sont ensuite lus par un synthétiseur vocal et affichés simultanément sur ​​une grille suspendue où sont disposés plus de deux cents petits écrans électroniques.

       Et enfin, Jens Wunderling et son installation dans l’espace publique nommée Default To Public - Tweetscreen (2008)  :

 

       Grâce à un système de géolocalisation des comptes, l’artiste récupère un tweet puis le projette dans l'espace public proche de l’auteur du message (vitrine, mur d'immeuble, panneau d'affichage) Dès qu’un nouveau message est affiché, une photo est prise automatiquement et envoyée à son auteur afin qu'il ou elle soit au courant de la "publicalisation" de son message. Le spectateur prend donc ainsi conscience de son auto-exposition sur le web à travers le monde physique. 

4 ) Conclusion 

       En conclusion, l’œuvre de Christopher Baker utilise un procédé très simple mais nous divulgue des messages clairs et explicites. A travers cette création d'une manifestation physique qui nous donne à voir l'accumulation des pensées personnelles accessibles  grâce aux réseaux sociaux et micro-blogging, l’artiste nous interroge sur notre utilisation des moyens de communications humains par une interaction entre le réel et le virtuel.

25/11/2012

[Art numérique] Eurythmie


[Sujet]


















1) Introduction : 

D’après les créateurs de l’art eurythmique, Rudolf Steiner et sa femme Marie von Sivers, l’harmonie se traduit par des éléments qui créent une œuvre musicale eurythmique. La musique et les paroles sont exprimées par les mouvements spécifiques du corps et correspondent à des notes, des accords. Suite à cette thématique posée, notre groupe classe s’est mis d’accord sur la problématique suivante à intégrer dans notre œuvre collective :

Comment représenter une chorégraphie corporelle à travers une œuvre sonore ?

       Notre idée fut donc de réaliser une installation sonore où seraient diffusés des sons qui nous évoqueraient une scène de voyeurisme : une femme rentre chez elle et se déshabille, tandis qu’un voisin fume sa cigarette à la fenêtre et regarde la scène.

2) Les fragments sonore comme reconstitution d'un fait :

          Le premier travail consista à réunir les différents éléments apparaissant dans notre scénographie pour les enregistrer. Afin de pouvoir chacun participer à cette œuvre, nous nous sommes répartis les divers sons qu’il a fallu enregistrer par binôme. Plusieurs fragments sonores d’une scène avec des gestions quotidiens ont donc vu le jour.  Cela est très bien présenté dans le travail sonore de Luc Ferrari, " Hétérozygote" (1964), mais aussi John Wynne questionne lui aussi le son dans son " Installation for 300 speakers " (2009)


       Dans notre première proposition d’installation, chaque binôme diffusa son propre son. Dans la seconde, nous avons procédé à deux montages pour créer deux bandes-sons distinctes : une bande-son pour le sujet et une bande-son pour le voyeur. Ces fragments sonores mis bout à bout forment ainsi un système satellite pouvant nous rappeler  les collages dynamiques ou photomontages de Raoul Hausmann et Hannah Höch. 

       C’est donc à travers la rediffusion de déplacements, d’émotions et d’actions que l’on obtient l'eurythmie, une réplique sonore du geste invisible. Grâce à ces sons révélés, le spectateur est mené à reconstituer cette scène et à en faire sa propre histoire. Chantal Dumas et son œuvre "Le vivant bruit du corps" ou "Frise poétique#1" de Mattew Tyas peuvent être cités dans nos références.

2    3) Les bandes-sonores comme  spatialisation de l’œuvre  :

       La spatialisation du son est une donnée importante. En particulier pour la disposition régulière des enceintes et la diffusion de la bande-son voyeur autour de la pièce qui accompagne le déplacement du spectateur et qui le mène à assister à cette scène de voyeurisme en devenant le "spectateur voyeur". Dans  nos trois propositions, les rideaux et les cloisons permettent de délimiter la partie voyeur et spectateur.

       La lumière, située en un seul point et adoucie par les rideaux/cloisons rend la pièce sombre. Cette obscurité inquiétante peut oppresser le spectateur durant sa déambulation dans le dispositif.
Afin de traduire au mieux un effet de sensualité, notre 3ième proposition se compose d’un rideau transparent. Le spectateur est mené à pouvoir se positionner de l’un ou de l’autre côté du rideau pour devenir soit sujet, soit voyeur. 

4) Conclusion :

Pour représenter notre chorégraphie corporelle, il nous a fallu prendre en compte la diversité des éléments sonores à intégrer dans nos bandes-sons, tout en questionnant l’espace et le déplacement du spectateur dans le dispositif.

20/11/2012

L'odeur de la rosée...




Cette odeur d’herbe humide lorsque j’ouvre mes volets le matin en observant le ciel grisâtre, me rappellera toujours mon premier voyage scolaire : J’étais en moyenne section de maternelle. Ce matin-là, comme chaque matin, papa me préparait mon cacao. La fenêtre était grande ouverte. Je tremblais... de froid, d’anxiété et d’excitation. La veille, maman m’avait préparé une salade de pâtes... celle qu’elle préparait toujours lorsque ma sœur Fanny partait en voyage. J’allais enfin pouvoir la goûter moi aussi... je n’en revenais pas !!! Depuis, les salades de pâtes m’accompagnent durant tous mes voyages ♥

19/10/2012

[Art Numérique] Friction vidéographique


[Sujet]

Problématique : Comment intervenir plastiquement dans une dent creuse en recueillant, en interrogeant et en faisant ressurgir les mémoires plurielles dont ce lieu est porteur ? Quelles genres d’interactions sont crées ?


Brève description : Installation in situ caractérisée par deux écrans incrustés dans des savons géants où sont diffusées des scènes intimes qui sont coordonnées avec des bruits plus ou moins identifiables. Le spectateur entre dans le dispositif à partir du moment où il marche sur le tapis de bain.



03/10/2012

[Production Graphique] Fiction/réalité


  [Sujet] [Images utilisées]

Réalisation graphique mettant en scène un corps en cours d'hybridation.


 
 




Format A4.

 

Photoshop CS5.


Avril 2012.